La vie de l'ESA

Bilan économique du quinquennat de Nicolas Sarkozy

Depuis l’arrivée, puis l’éclatement de la crise économique en Europe, à l’automne 2008, on ne cesse de voir, de lire et d’entendre, quotidiennement et sur tous les médias, que l’état des finances publiques, au sein de tous les Etats, est de pire en pire.

Si, très souvent, l’on est capable, intuitivement et « expérimentalement » (c’est-à-dire en faisant l’ « expérience » de la manière dont nos conditions matérielles de vie ont tendance à se dégrader – prix de plus en plus élevés, conditions de travail de plus en plus difficiles, augmentation accrue du taux de chômage, etc.), de comprendre que la situation économique n’est pas au « beau fixe », la plupart d’entre nous est cependant, dans un grand nombre de cas, bien en peine de décrire cette situation « décadente » (situation où les experts notent une détérioration constante de nos principaux indices économiques), et d’expliquer en quoi consistent exactement les difficultés que rencontrent nos pays quant à l’état de leurs finances publiques et de leurs économies.

Le 6 avril 2012, juste avant le premier tour des élections présidentielles, François Saint-Cast, professeur d’économie à l’Ecole Supérieure d’Assurances (ESA), a publié un article étudiant et commentant avec précision les principaux indicateurs économiques des cinq années de la présidence de Nicolas Sarkozy. Cet article se présente donc comme une étude du bilan économique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Cet article, intitulé « Autopsie d’un quinquennat » et visant à pallier le défaut de compréhension éventuel devant lequel l’on peut se trouver lorsque l’on cherche à analyser objectivement l’impact de la crise sur notre économie nationale, voulait à la fois dresser un bilan économique du précédent quinquennat, et mettre en avant les points sur lesquels aurait à travailler le prochain président (dont nous savons maintenant qu’il s’agit de François Hollande) au cours du quinquennat 2012-2017 : c’est pourquoi nous n’avons estimé utile de le publier sur notre site, et ce, même s’il n’est plus strictement corrélé à l’actualité.

Cependant, afin que les visiteurs de notre site et/ou les lecteurs de cet article, que nous vous présentons ici, puissent bien saisir la teneur de l’analyse de François Saint-Cast (analyse qui le pousse à conclure que « la politique du défunt quinquennat est une morte née asphyxiée par la crise »), nous avons estimé utile de commenter, d’expliquer et de développer certaines notions économiques auxquelles l’auteur fait référence dans son analyse.

Ces notions sont explicitées (au travers de brefs rappels souvent extraits d’articles dont nous citons toujours la source) et rassemblées au sein d’un glossaire figurant à la fin de l’article. Les notions de l’article qui renvoient au glossaire sont annotées d’un astérisque.

Nous espérons que ces explications permettront aux étudiants, ainsi qu’aux professionnels s’intéressant aux études économiques de comprendre en détail cette analyse, élaborée par François Saint-Cast, du bilan économique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Autopsie d’un quinquennat

Avant de faire son choix, l’électeur mérite d’être éclairé sur les cinq ans de la législature qui s’achève. L’orientation des dépenses et l’évolution des recettes sont des sources précieuses pour apprécier les politiques mises en œuvre et les contraintes de la conjoncture.

Commençons par l’activité économique, traditionnellement mesurée par le PIB* qui représente les revenus produits et distribuables entre les différents acteurs institutionnels.

Taux de croissance* PIB* prix courants*

PIB 2008-2011

Comme chacun sait, la crise des subprimes se répercute sur l’économie réelle au cours de l’année 2008 et s’accentue sur 2009 et la crise de la dette souveraine* prend le relai en 2011. En cinq ans, la richesse produite et distribuable a augmenté de 105 Mds soit un peu plus de 20 Mds par ans, deux fois moins qu’en période de croissance normale. Parallèlement, notre balance commerciale* s’est dégradée en passant de -29 Mds en 2007 à -45 Mds en 2010.

Cette fâcheuse évolution conjoncturelle qui rappelons-le a frappé l’ensemble des pays de l’OCDE et particulièrement la zone euro a eu des conséquences importantes sur les recettes des administrations publiques et par voie de conséquence sur les orientations budgétaires.

Deux périodes se distinguent, l’année qui précède la crise des subprimes et la fin du quinquennat.

Le budget 2008 voté en 2007 ne voit pas la crise, il est volontariste à l’image du nouveau Président et oriente les dépenses publiques* vers les thèmes de campagne. Ainsi on voit le budget consacré à l’ordre et la sécurité publique augmenter de 8,7 %, l’aide au logement +9,4 %, l’éducation +3,9 %, protection de l’environnement +5,7 %.

Parallèlement, en dehors de toute volonté politique et par le simple fait de la démographie le budget vieillesse (retraite) augmente très fortement +6 %. Au total, l’ensemble des dépenses publiques croît de 3,8 % alors que la croissance du PIB n’est que de 2,7 % et celle des recettes publiques* de 2,6 %. Le ralentissement économique non anticipé creuse le déficit public* de près de 25 %.

La réaction à la crise se fait sentir dès le budget 2009, qui garde quelques objectifs de 2007, mais s’adapte à la conjoncture et commence à engranger les réformes structurelles essentiellement le régime vieillesse dont la dépense ne croît plus que de 4,3 %.

En revanche, les engagements extérieurs de nos armées font croître le budget de la défense de 5,1 % entre 2008 et 2009. La tentative de relance et de soutien à l’économie voit le budget des affaires économiques s’accroître de 8,4 % en 2009 et la crise alourdit le budget chômage +15,9 %, ainsi que l’aide au logement +15,2 %. Au total les dépenses publiques augmentent de 4,1 % alors que les recettes baissent de 3,8 % et le déficit public se creuse de 121 %.

La crise de la dette souveraine n’étant pas anticipée, 2010 présente un budget de moyenne austérité, un palier. La reprise économique et la hausse de la pression fiscale redressent les recettes +3,1 % et les dépenses n’augmentent que de 2,1 %. Les dépenses sont à peu près contenues à l’exception du budget défense qui du fait de l’accroissement de nos interventions augmente de 13 % et du budget chômage qui pèse encore et dont le budget croît de plus de 6 %.

Malheureusement, les chiffres de 2011 ne paraîtront qu’en mai prochain c’est-à-dire après la présidentielle, cependant l’INSEE produit un aperçu qui accentue les tendances relevées en 2010. Les recettes publiques* passent de 49,5 % à 50,7 % du PIB, les dépenses* de 56,6 % à 55,9 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires* augmente de 1,3 point en 2011 à 43,8 % du PIB, sous l’effet de la hausse des impôts (+7,8 %).

La politique du défunt quinquennat est une morte née asphyxiée par la crise, les 4/5 de la législature ne sont que réactions aux circonstances, crise des subprimes et crise de la dette souveraine. Certes, des réformes de structure ont été engagées et elles ont permis de limiter les dérives budgétaires, en particulier la réforme des retraites. Mais cette adaptation dans l’urgence a aussi créé une grande instabilité juridique principalement en matière fiscale. Instabilité qui atteint aujourd’hui son paroxysme avec la campagne électorale et son cortège de promesses.

C’est d’autant plus que tout observateur attentif de la conjoncture aura noté que les hypothèses de croissance retenue par les deux favoris de l’élection sont tout bonnement irréalistes et que le retour à l’équilibre budgétaire est impossible dans les délais promis. Enfin, gardons à l’esprit que la zone euro est loin d’être sauvée, la récession qui s’installe dans les pays du sud Grèce, Portugal, Espagne principalement, laisse planer un risque de rechute aggravée des affections liées aux dettes souveraines. Maintenant, chacun en conscience choisira le bulletin qu’il introduira dans l’urne.

Glossaire des notions abordées dans cet article dressant un bilan économique du quinquennat de Nicolas Sarkozy

PIB

Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique utilisé pour mesurer la production dans un pays donné. Il est défini comme la valeur totale de la production de richesses (valeur des biens et services créés – valeur des biens et services détruits ou transformés durant le processus de production) dans un pays donné au cours d’une année donnée par les agents économiques résidant à l’intérieur du territoire national. C’est aussi la mesure du revenu provenant de la production dans un pays donné. On parle parfois de production économique annuelle ou simplement de production.

Il s’agit d’un agrégat des comptes nationaux, obtenu en additionnant des grandeurs mesurées par catégories d’agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques). Afin d’éviter que la même production entre plus d’une fois dans le calcul, ne font partie du PIB que les biens et services finaux (c’est-à-dire la valeur ajoutée, soit les biens et services de consommation et les biens d’équipement), les biens intermédiaires de production étant exclus. Par exemple, la farine avec laquelle on fait le pain est exclue (car étant une consommation intermédiaire) du calcul de la richesse produite par le boulanger.

Il sert souvent d’indicateur de l’activité économique d’un pays ; le PIB par habitant, quant à lui, sert d’indicateur du niveau de vie en donnant une valeur indicative du pouvoir d’achat. La variation du PIB est l’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance économique.

Source : Article Wikipédia : « Produit Intérieur Brut »

Taux de croissance

Le taux de croissance est un indicateur économique utilisé pour mesurer la croissance de l’économie d’un pays d’une année sur l’autre. Il est défini par la formule suivante qui relie les produits intérieurs bruts (PIB) de l’année N et de l’année N-1 :

Taux de croissance

 

x 100

 

où les PIB sont mesurés en volume (pour éviter de considérer l’inflation des prix comme de la croissance économique). Ou ln (PIB annee N \ PIB annee N – 1).

On peut également utiliser les valeurs des PIB en prix, en mesurant les PIB des années N et N-1 en prix constants (prix en base 2000 par exemple).

Le taux de croissance est généralement mesuré annuellement (en glissement annuel) ou trimestriellement (d’un trimestre au suivant).

Source : Article Wikipédia : « Taux de croissance »

Prix courants

En sciences économiques, les notions de valeur nominale et de valeur réelle sont utilisées pour étudier des variations temporelles de quantités. On parle également de mesure à prix courants et de mesure à prix constants.

Lorsqu’on étudie les variations d’une quantité entre deux dates, cette quantité étant mesurée au moyen de sa valeur monétaire, ces variations sont perturbées par l’inflation qui a eu lieu entre ces deux dates, c’est-à-dire la diminution de la valeur de la monnaie. Si on ne corrige pas l’impact de l’inflation, on mesure en valeur nominale (ou à prix courants). Si on corrige l’impact de l’inflation, on mesure l’évolution de cette quantité en valeur réelle (ou à prix constants).

Definition de l’INSEE :

- Les prix courants sont les prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée, ils sont dits en valeur nominale.

- Les prix constants sont les prix en valeur réelle c’est-à-dire corrigés de la hausse des prix par rapport à une donnée de base ou de référence.

Ces notions sont utilisées en comptabilité nationale pour déterminer les variations dans le temps de grandeurs économiques (comme le PIB).

Source : Article Wikipédia : « Valeur nominale et valeur réelle »

Dette souveraine

Une dette souveraine est une dette émise ou garantie par un émetteur souverain (un État généralement ou parfois une banque centrale).

Source : Article Wikipédia : « Dette souveraine »

Balance commerciale

La balance commerciale est la différence, en termes de valeur monétaire, entre les importations et les exportations de biens ou de biens et services (dépend du pays) dans une économie sur une période donnée.

La balance commerciale d’un État est l’élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens, et de services marchands (on parle de la balance des biens et services). Toutefois, dans certaines nomenclatures, dont la comptabilité nationale française1, le terme de balance commerciale est limité aux échanges de biens, hors services.

Les biens et services marchands peuvent comprendre : biens manufacturés, matières premières, produits agricoles (tous inclus dans la balance commerciale), voyages et transport, tourisme, prestations de sociétés de service et de conseil (parfois exclus), etc.

Le solde de la balance commerciale est la différence entre les valeurs des exportations et des importations de biens et de services. Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : on parle alors d’« excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Quand elle est négative, on parle de « déficit commercial ».

La mesure de la balance commerciale peut être problématique, cela est dû à la difficulté de l’enregistrement de l’ensemble des données commerciales. Une illustration de ce problème est la suivante : quand l’ensemble des déficits et excédents commerciaux sont additionnés, il apparaît que le monde enregistre un excédent commercial avec lui-même, de quelques points. Cela ne peut être le cas, car l’ensemble des transactions correspondent soit à un crédit soit à un débit dans le compte de chaque pays et doivent de ce fait s’équilibrer. Une explication à ce phénomène peut résider dans les transactions pour laver l’argent sale, ou d’autres problèmes encore.

Source : Article Wikipédia : « Balance commerciale »

Recettes publiques

Les recettes publiques sont l’ensemble des recettes perçues par les administrations publiques. Elles se constituent essentiellement des impôts, des taxes, et cotisations sociales. Les recettes publiques contribuent avec les emprunts publics au financement des dépenses publiques.

Les recettes publiques recouvrent les prélèvements obligatoires et certaines recettes publiques qui ne constituent pas des prélèvements obligatoires: recettes d’emprunt -contribution volontaire de particuliers- ou encore les recettes engendrées par les établissements publics industriels et commerciaux (SNCF par exemple).

Source : Article Wikipédia : « Recettes publiques »

Dépenses publiques

Les dépenses publiques sont l’ensemble des dépenses réalisées par les administrations publiques. Leur financement est assuré par les recettes publiques (impôts, taxes, et cotisations sociales) et par le déficit public.

Source : Article Wikipédia : « Dépenses publiques »

Déficit public

En comptabilité nationale, la notion de déficit budgétaire s’utilise lorsque le budget de l’État est en déficit : les recettes de l’État sont inférieures à ses dépenses, et donc son solde budgétaire est négatif1.

De même, les administrations publiques (ensemble composé de l’État, des ODAC, de l’administration territoriale et des administrations de sécurité sociale) connaissent un déficit public lorsque les dépenses publiques pour une année sont supérieures aux recettes publiques ; le solde des finances publiques est alors négatif.

Concrètement, les budgets publics (mesurés avec une périodicité annuelle) sont très souvent déficitaires, dans la majorité des pays ; dans le cas opposé, on parle d’excédent budgétaire.

Source : Article Wikipédia : « Déficit budgétaire et déficit public »

Prélèvements obligatoires

Les prélèvements obligatoires correspondent à l’ensemble des « versements effectifs opérés par tous les agents économiques au secteur des administrations publiques […] dès lors que ces versements résultent, non d’une décision de l’agent économique qui les acquitte, mais d’un processus collectif […] et que ces versements sont sans contrepartie directe1 », selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à l’origine de cette notion.

On distingue traditionnellement:

- les impôts, taxes et droits divers affectés au budget général de l’État ;

- les impôts affectés aux collectivités locales ;

- les cotisations sociales obligatoires des organismes sociaux officiels (en France, l’Insee emploie le terme de cotisations sociales effectives) ;

Source : Article Wikipédia : « Prélèvements obligatoires »

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