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L’appétence au risque sous Solvabilité II

La définition de l’appétence au risque reste un grand sujet, en même temps qu’un grand débat. On définit, dans la logique de Solvabilité II, l’appétence au risque comme « le niveau de risque agrégé qu’un organisme accepte de prendre en vue de la poursuite de son activité et de son développement, en respect des contraintes liées à ses engagements.

L’ACPR précise que l’appétence aux risques « doit refléter de façon détaillée, et pour chaque catégorie de risques, les conséquences des objectifs stratégiques de l’entreprise, qui peuvent notamment être exprimés en niveau de fonds propres immobilisés ou par tout autre moyen suffisamment clair (impact financier ou d’image, par exemple) ».

Comment les entreprises définissent-elles cette notion d’appétence aux risques ? Quels critères retiennent-elles ? C’est à ces questions que répond cet article du Dossier consacré à « Solvabilité II » et paru dans le numéro de l’Argus de l’Assurance du 10 juillet 2015.

Quels indicateurs pour formaliser l’appétence au risque ?

Selon une enquête récente menée par PwC auprès d’organismes de nature et taille diverses sur l’Orsa, 80 % des sondés déclarent avoir formalisé précisément leur appétence au risque, en se reposant sur des indicateurs quantitatifs de mesure du risque, avec des seuils et des limites. « Le ratio de solvabilité, reste, dans bien des cas, l’indicateur de référence », relève PwC (1).

  • 80%

La proportion des organismes ayant formalisé précisément leur appétence au risque.

  • 72%

La proportion des organismes ayant opté pour de multiples indicateurs.

Source : PWC

Il n’en demeure pas moins que « les ambitions d’une compagnie ne sont souvent pas limitées au seul objectif de la solvabilité mais s’étendent également à des objectifs stratégiques devant être pilotés simultanément et nécessitant donc autant d’indicateurs de mesure de l’appétence au risque », ajoute PwC, constatant l’utilisation d’indicateurs comme une notation cible, la rentabilité de nouveaux produits, la création de valeur au sein d’un groupe, le résultat technique et / ou financier, ou le positionnement dans un marché particulier.

À cet égard, PwC note que 72 % des organismes de son panel ont opté pour de multiples indicateurs. Attention cependant, « le pilotage simultané de plusieurs indicateurs peut être compliqué et parfois contradictoire.

En effet, le choix d’indicateurs de court terme, souvent comptables, et de long terme, souvent économiques, peut conduire à des résultats difficiles à interpréter ou à calibrer, notamment pour la détermination ou l’optimisation des seuils d’appétence au risque », prévient PwC.

(1) L’Orsa : dernière ligne droite avant Solvabilité 2, PwC, juin 2015.

Le SCR résultant de l’évaluation interne du pilier 1 est utilisé par 82 % des compagnies pour calculer le ratio de solvabilité retenu comme indicateur de référence pour la définition quantifiée de l’appétence au risque.

Article paru dans le dossier consacré à Solvabilité II dans le numéro 7419 (10 juillet 2015) de L’Argus de l’Assurance

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