La vie de l'ESA

Les errances des bancassureurs

Le Décès , quelle Galère !!

Chacun a au cours de son existence été confronté, ou le sera un jour, à la disparition d’un proche, en général plus âgé que lui si l’on suit la normalité de l’espérance de vie, mais cette règle majoritaire souffre d’exceptions liées notamment aux accidents, suicides et autres maladies rares.

Confronté à deux disparitions en 18 mois , je veux témoigner des pratiques de tous ceux que l’on rencontre dans ces circonstances sans parler des hommes ou des femmes , amis ou proches , mais uniquement des organismes à contacter dans ces circonstances .

Mon père est décédé à 89 ans en laissant notre mère, hospitalisée en Ephad depuis bientôt 10 ans et mon Beau Père a disparu à plus de 95 ans et il était veuf depuis 10 ans.

D’un côté 4 enfants, 2 de l’autre, tous retraités, ce qui donne plus de disponibilité pour suivre la paperasserie dont la France a le secret ! Le relationnel des enfants ne pose aucun problème malgré leur dispersion géographique.

Les patrimoines financiers des deux disparus correspondent à deux vies de travail de plus de 50 ans dans la Restauration et dans l’export de Textiles dès la fin de la guerre 1939-1945 mais l’ISF ne faisait pas partie de leurs fréquentations !

Dans les deux cas et bien que n’étant pas béotiens dans ces domaines, nous avons confié au Notaire tous les comptes retrouvés dans leurs papiers respectifs en précisant qu’ils avaient un sens certain du classement et de l’archivage ordonné. Avant leur disparition, nous ne connaissions rien de leurs patrimoines en dehors de leurs biens immobiliers respectifs. Cette génération ne parle sans doute pas facilement de sa fortune à ses enfants. Nous avons simplement exigé du Notaire que les réponses des assureurs et des banquiers nous soient transmises pour apprécier les délais de réponse, le contenu des réponses et…. l’absence de réponses ou la réponse différée et toujours espérée.
Nous avons été confrontés à 12 établissements financiers et 7 opérateurs d’assurance vie ….et nous n’avons pas fini avec certains !!

Rien à dire des relations avec les Pompes funèbres mais il faut dire que nous étions disponibles pour régler les formalités.

S’agissant des relations avec les caisses de retraite, peu de difficultés pour une réversion et stopper l’autre pension de veuf mais la carrière respective des deux disparus a toujours été une carrière salariée dans le même hôtel restaurant et la même multi nationale du textile. J’ai connu des délais très longs avec des carrières mixtes salariés, commerçants, artisans !!

Quelles sont les difficultés ?

A – Les frais pour transférer les crédits de compte courant, de livret A, B, Bleu,LDD,Codevi, parts sociales ,….Ils vont de 750 euros pour un écureuil qui veut sans doute imiter la grenouille en passant par 486 euros , 250 euros seulement pour une banque urbaine qui a sans doute déjà enregistré les plaintes de la famille . Quels que soient les montants ils ont un caractéristique commune : on ne sait pas comment ils ont été calculés : en % des actifs transférés, forfaitairement selon des conditions générales remises au défunt parait-il ? Ils ont une autre caractéristique puisque prélevés autoritairement avant transfert des fonds au notaire qui ne discute pas – ce n’est pas son rôle – et qui les passe au débit du décompte financier comme les frais d’acte de notoriété, de déclaration de succession, et les frais de tenue de compte et de règlement du passif, 190 ,1800 et 500 euros respectivement pour votre information .

Si vous consultez les blogs vous y verrez 900 plaintes auprès de l’AFUB et une intervention d’un Sénateur qui s’est sûrement assoupi depuis !! Notre pays constate 550000 décès environ par an et je vous laisse faire le calcul annuel de renflouement d’actif si chaque établissement financier ne demande même que 100 euros par compte transférable ! A ce petit jeu le petit animal à poils roux va profiter bien vite et la bande des jaunes et bleus va renouveler son parc automobile.

B- Les assureurs vie ou Bancassureurs  ont des comportements curieux pour certains : au lieu de transmettre le courrier du notaire, fort explicite par ailleurs, à ses collègues de l’assurance vie on ne donne au notaire que l’adresse de la Compagnie Vie en lui disant d’écrire : bilan-3 bonnes semaines de délais supplémentaires ! Théo Braun, et ses amis que j’ai bien connus, doivent se retourner dans leur sous sol, tant l’esprit qui les animait est dévoyé par la génération actuelle.

Les bancassureurs ont une pratique que je ne connaissais pas, mais il n’est pas trop tard pour apprendre !! En ayant comparé le document informatif annuel dans les dossiers retrouvés chez les défunts et les sommes dites versées par l’assuré de son vivant transmises au notaire …pour ceux qui ne font pas trainer les choses..on retrouve une chose  curieuse !! Les sommes indiquées au notaire et qui figureront dans la déclaration de succession envoyée au fisc sont supérieures à celles que recevait le défunt chaque année à titre de pure information… Ce document n’est pas contractuel et si vous constatez une anomalie…vous connaissez la suite…En fait on fait tout en Marketing interne pour que la commission initiale prise sur une prime unique sorte de l’esprit du client qui éventuellement vérifie la progression de son épargne de manière très superficielle et rapide. Si 100 euros ne sont devenus que 96 ,5 au bout d’un an cela ne sert pas l’image de marque mais on a pu prélever 5 et il donc préférable de dire que 95 sont devenus 96,5 soit 1,57 % de valorisation. Et je ne vous parle pas de la grosse ficelle lorsque le contrat est alimenté en primes programmées ou périodiques .Et puis quels emmerdeurs d’héritiers vont se préoccuper de ces détails ?
Un bancassureur a même fait du zèle : Il a répondu à une question qui ne lui était pas posée : » Pour les assurances vie de Monsieur voilà l’adresse de notre compagnie Vie. Par contre nous ne détenons aucun contrat d’assurance vie au nom de son épouse décédée en 2004 « !! Même si mon beau père et son notaire de l’époque avaient oublié cette démarche il a été demandé aux assureurs de prendre l’initiative de rechercher les bénéficiaires. Cet organisme pourra consacrer ses recettes de transfert de fonds aux formations internes !!

C- Le meilleur est tout de même la relation client !! Chez un organisme , j’ai demandé à savoir pourquoi mon beau père avait souscrit 3 contrats d’assurance vie à 73, 83 et 84 ans pour des sommes fort éloignées  du plafond du livret A . On cherche toujours après envoi d’un courrier écrit accompagné de deux pièces d’identité.  Dans l’intervalle la recomposition économique fait que cet organisme ne travaille plus pour le même grand assureur qu’il fournissait de sa production depuis des décennies. Le plus grave est l’absence de dossiers CLIENT dans l’officine !! Le chef a dû changer 4 ou 5 fois en 20 ans et personne n’a de trace de ce qui s’est passé …ou alors on fait trainer les choses  mais les messages Internet ont un avantage : ils ne finissent pas à la poubelle comme les courriers gênants.

En conclusion il faut bien tirer des leçons et je me suis joint à quelques plaignants pour réveiller le Sénateur. J’ai alerté le Ministre Sapin et mon député qui a l’avantage d’avoir été antérieurement Sénateur …mais comme je ne suis pas naïf j’ai décidé de donner le maximum de procurations à mon épouse sur des comptes non joints à ce jour , à mes filles majeures quand c’est possible et je leur demande par écrit de vider tous les comptes le jour de ma disparition avant d’aller choisir le chêne ou le sapin et le vin qu’ils boiront tous à ma santé !!

François PONSARD

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