La vie de l'ESA

Les objets connectés dans l’assurance

L’arrivée des objets connectés sur le marché est une conséquence de l’importance croissante que les entreprises, mais aussi les organismes publics accordent au phénomène que l’on appelle le « Big Data ». Pour rappel, le « Big Data » (anglicisme pouvant se traduire par « gros volume de données ») désigne la procédure par laquelle il est dorénavant possible de recueillir (du fait de la baisse importante des coûts de stockage de l’information numérique), d’analyser (du fait de l’augmentation exponentielle de la puissance de calcul des machines) et de donner du sens (du fait de l’évolution de l’architecture des modèles permettant de traiter l’information) à une masse d’informations hétéroclites recueillie auprès d’utilisateurs d’objets associés directement aux nouvelles technologies (ordinateurs, smartphones…) ou bien d’objets de la vie courante qui seront équipés de micro-capteurs et de micro-transmetteurs, afin de délivrer des informations sur le comportement des personnes qui utiliseront ces objets. La transmission des données recueillies dans le cadre du « Big Data » se fait via le réseau Internet.

Les objets connectés sont donc des objets d’usage courant (allant de la voiture aux lunettes, en passant bientôt par la fourchette ou la brosse à dent…) qui enregistrent et transmettent des données relatives à nos comportements lorsque nous en faisons usage. S’il sera plus que malaisé de savoir avec précision qui pourra avoir accès (et donc traiter) les données ainsi transmises par le bais de ces objets, une chose est certaine : les assureurs s’y intéressent de très près et réfléchissent aux applications qu’ils pourront tirer, d’une part de l’utilisation de ces nouveaux objets, d’autre part des nouveaux services qu’ils pourront apporter à leurs assurés.

Cet article, publié par Véronique Chocron et Laurent Thévenin dans « Les Echos » du 8 octobre 2014, cite deux assureurs (ou plutôt deux bancassureurs) qui ont misé sur l’arrivée prochaine des objets connectés sur le marché pour faire évoluer leur offre auprès de leurs clients. Il décrit par ailleurs des services qu’ils pensent mettre en œuvre auprès de leurs assurés en recourant à ces nouveaux outils… Les objets connectés dans l’assurance sont donc déjà devenus une réalité !

Les objets connectés, aiguillons de l’assurance de demain

Les objets connectés dans l'assurance

Les Google Glass ne sont pas encore arrivées en France mais les assureurs imaginent déjà de futures applications / Photo AFP

  • Les Caisses d’Epargne misent sur les Google Glass en cas de sinistre.
  • Cardif teste l’assurance de demain dans son « lab ».

Les Google Glass n’ont pas encore fait leur apparition sur le marché français – cela pourrait prendre encore quelques mois -, mais déjà banquiers et assureurs leur ont trouvé toute une série d’usages. Les Caisses d’Epargne lancent ainsi dès aujourd’hui – très en amont – une application Google Glass pour faciliter les démarches de leurs assurés automobile en cas d’accident.

Il s’agit de tirer profit de tous les atouts de ces lunettes. Leur caméra, leur micro et leur pavé tactile doivent permettre d’associer le bancassureur, en lui permettant de voir la scène de l’accident, et l’assuré qui, ayant les mains libres, peut remplir en temps réel son constat amiable. Celui-ci sera guidé en direct par son téléconseiller, avec lequel il pourra dialoguer par lunettes interposées. Et c’est donc sous l’oeil du gestionnaire de sinistre que le client cochera les cases du constat, prendra les photos nécessaires – avec ses lunettes connectées – et enverra dans la foulée son dossier.

Cet accompagnement aurait du sens puisque, selon Michel Cabirol, directeur du développement de BPCE Assurances, « 50 % des constats sont mal remplis, souvent parce que l’automobiliste panique ». Cette application a vocation à être déclinée et pourrait s’appliquer aux dégâts des eaux. Si ces innovations se popularisent, elles permettront de réaliser de substantielles économies en frais d’expertise. L’Ecureuil travaille en parallèle sur de nouveaux usages pour la montre connectée, tout en restant focalisé sur le mobile, « qui va rester une sorte de télécommande de cette vie connectée ».

Alerter le conducteur somnolent

BNP Paribas Cardif explore aussi les opportunités du numérique et des objets connectés. Dans son « lab » installé au rez-de-chaussée de son siège à Nanterre, l’assureur donne à voir et à essayer toutes sortes d’innovations technologiques. Les siennes, comme cette « box » vendue en Italie qui sonne l’alarme en cas d’incendie, d’inondation ou de panne de courant dans une maison, ou une application de « pay how you drive » développée au Royaume-Uni qui permet d’analyser les comportements au volant et d’accorder des ristournes aux bons conducteurs. Mais aussi des robots, des objets connectés ou des imprimantes 3D, pour lesquelles les assureurs pourront sans doute trouver une utilisation. Cet espace de 120 m2 au design résolument futuriste, où se dessine l’assurance de demain, doit « incarner la transformation digitale » de la filiale de BNP Paribas.

Ouvert aux salariés de la compagnie et à ses partenaires extérieurs, le Cardif Lab’ a accueilli plus de 2.600 visiteurs depuis son ouverture mi-mai. Mais, comme son nom l’indique, ce n’est pas qu’un show room. Il s’agit aussi d’un laboratoire d’où doivent sortir des idées et des prototypes. Une petite pièce est ainsi dédiée à la recherche de cas d’usage pour l’assurance et aux expérimentations. Une quinzaine de personnes s’y relaient selon les projets. Elles s’y affairent par exemple autour du déjà célèbre robot Nao – avec l’idée de l’utiliser comme aide aux personnes dépendantes – ou des Google Glass – dont un des usages possibles serait d’envoyer des messages d’alerte au conducteur surpris en train de s’endormir.

Véronique Chocron
Laurent Thévenin

Journalistes aux Echos

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