La vie de l'ESA

La Maif et l’économie collaborative

Les assureurs commencent à s’intéresser de plus en plus près, depuis ces deux ou trois dernières années, à l’économie collaborative, non seulement car cette pratique commence à devenir un véritable phénomène de société, mais aussi car elle peut devenir un important relais de croissance pour un secteur de l’assurance en quête d’innovations, de nouvelles approches et de nouveaux marchés.

La valeur-clé au centre de l’économie collaborative, en même temps que sa condition de possibilité, est la notion de « confiance ». En effet, comment accepter de prêter un bien ou de rendre un service, sur un mode « collaboratif », à un tiers avec lequel nous n’entretenons aucun lien personnel et que nous ne connaissons généralement pas le moins du monde, si l’on ne crédite pas ce « prochain » d’un minimum de « capital-confiance » ?

Seulement, comme, d’une part, la confiance envers les inconnus n’est pas forcément une valeur innée dans la société actuelle, et que, d’autre part, nombre d’acteurs de l’économie collaborative se lancent dans ces nouvelles pratiques, non par conviction(s) ou parce qu’ils souhaitent voir « émerger un monde meilleur », mais bien parce qu’ils y entrevoient un nouveau modèle potentiellement prometteur, car source d’apport d’affaires ou de bonnes affaires, l’assurance est un mécanisme qui permet de pallier l’absence de « capital-confiance » entre pairs.

L’assureur apparaît donc, dans le monde de l’économie collaborative, comme le tiers de confiance : raison pour laquelle l’assurance est à la fois le ciment et le catalyseur / propulseur de cette « nouvelle économie du partage ».

Ainsi, si certains assureurs s’engagent en faveur de cette nouvelle forme d’économie, ce n’est pas seulement par pur opportunisme, mais bien parce qu’ils sont conscients qu’elle peut être porteuse d’un nouveau modèle de société et de relations. L’engagement des assureurs dans l’économie collaborative peut donc être interprété comme « un acte militant ».

« L’assureur militant »… Telle est la manière dont se définit la MAIF, qui a d’ailleurs fait de cette expression son slogan ! Or, la MAIF a décidé de « militer » en faveur de l’économie du partage, en créant une nouvelle structure dédiée à l’économie collaborative.

Quel rapport la MAIF entretient-elle avec l’économie collaborative ? Et comment cet assureur concrétise-t-il son engagement en faveur de ce nouveau type d’échanges ? C’est ce que vous découvrirez en lisant cet article publié dans l’Argus de l’Assurance, le 6 juillet 2015.

Maif Avenir, nouvelle structure dédiée au financement de l’innovation, du digital et de l’économie collaborative

Le conseil d’administration de la Maif qui s’est réuni le 24 juin 2015, a validé la création d’une société par actions simplifiées (SAS) Maif Avenir. Cette nouvelle structure, présidée par Christian Cortes, sera dédiée au financement de l’innovation, du digital et de l’économie collaborative.

Economie collaborative

Cela fait quelques mois que l’assureur militant a entamé sa mue collaborative

A l’instar de nombreux assureurs qui se marient, sous divers contrats, avec des start-up pour faire germer à l’extérieur de leur groupe les graines de l’innovation de rupture si difficile à faire éclore en leur sein, la Maif se dote d’une entité spécialement dédiée à l’innovation, au digital et à l’économie collaborative.

Quelques jours après l’accélérateur d’Allianz inauguré le 26 juin 2015 dans le stade de Nice et dans la veine d’un fonds comme Covéa Next, capitalisé à hauteur d’un million d’euros, pour accompagner des projets novateurs, la création de Maif Avenir « a pour objectif de financer l’innovation, le digital et l’économie collaborative qui sont des axes clés de notre stratégie à horizon 2018 », explique Dominique Mahe, président directeur général du groupe qui n’est pas à son coup d’essai. En septembre 2014, il investissait rien moins que 2,6 millions d’euros dans Koolicar et signait la même année avec Blablacar (leader de l’autopartge privé en Europe) et OuiShare (collectif et think tank de start-up et d’associations visant à promouvoir la consommation dite collaborative) et encore récemment avec GuestToGuest.

Maif Avenir, une structure qui pèse 125 millions d’euros

Maif Avenir doit permettre à la mutuelle des instituteurs, via des start-up :

  • de développer de nouveaux services pour les sociétaires,
  • d’accéder à de nouvelles communautés,
  • d’innover,
  • de mieux comprendre le digital,
  • d’appréhender les nouvelles technologies et les nouveaux usages,
  • de profiter de la vitalité des start-up et de leur mode de fonctionnement pour progresser en matière d’agilité.

Dans ce dessein, cette SAS est dotée d’une solide enveloppe de 125 millions d’euros jusqu’en 2018, soit une moyenne de 30 millions par an. Un montant en phase avec les ambitions de la mutuelle qui pèse quelque 3 Md€ pour un peu plus de 3 millions de sociétaires et etend que son nouveau plan stratégique 2015-2018 soit marqué sous le sceau de « l’audace » et « de la confiance ».

Une structure 100 % Maif

A souligner que cette nouvelle structure d’investissement est 100% Maif (contrairement, par exemple, à l’accélérateur d’Allianz qui fonctionne en financement indirect). Le groupe espère gagner en réactivité et en agilité.

La constitution du Conseil des administrateurs est la suivante :

  • Président de Maif Avenir: Christian Cortes, administrateur délégué à la direction générale du groupe Maif,
  • Administrateurs : Eric Berthoux (directeur délégué Maif), Thierry Couret (directeur délégué Maif), Olivier Lorthios (administrateur Maif) et Nicolas Siegler (directeur délégué Maif).
  • Directeur général : Nicolas Boudinet (secrétaire général Maif).

« Nous nous devions d’être plus rapide dans l’étude des dossiers, dans la prise de décision. La création de MAIF Avenir va donc répondre principalement à cet objectif de réactivité et d’agilité, ceci afin d’affirmer la position de leader de la Mutuelle sur le secteur de l’économie collaborative », déclare Pascal Demurger directeur du groupe Maif qui veut être moins dans la gestion d’un portefeuille et davantage dans l’animation de communautés.

Eloïse Bernis

Article publié dans l’Argus de l’Assurance, le 06 juillet 2015

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