La vie de l'ESA

La productivité de la fonction publique en France

L’on entend de plus en plus de candidats à la présidence déplorer, surtout en ces temps de crise, et a fortirori en cette période de campagne électorale, la perte de productivité de la France, facteur qui entrave la compétitivité de notre pays, et qui constitue donc un frein à sa croissance économique. Et ce, en dépit de récents rapports économiques qui placent la France parmi les pays les plus productifs au monde (consulter à ce sujet l’article : « Français et Américains, plus productifs au travail que leurs voisins » et l’émission radio « Pourquoi nous sommes les champions de la productivité« )…

En parallèle, nombre de Français se plaignent du manque d’efficacité de nos administrations publiques, qui, selon eux, ne sont pas suffisamment réactives dans leur manière de traiter les dossiers qui leur sont confiés, ou, de manière plus générale, d’effectuer les tâches administratives qui leur incombent.

Ces observations semblent montrer qu’un fossé s’est creusé en France entre la productivité de la fonction publique et celle du secteur privé…

Mais qu’est-ce que la productivité ?

D’une façon générale, la productivité du travail pourrait se définir ainsi :

« En science économique, la productivité est le rapport de la production de biens ou de services à la quantité de facteurs de production ou intrants (parmi lesquels, le capital et le travail) utilisés pour produire ces biens ou services. […] La productivité du travail est le rapport de la valeur ajoutée au nombre d’heures travaillées. » (Source Wikipédia : Productivité).

Cependant, comme le rappelle François Saint-Cast, journaliste aux Echos, fondateur de Diagnostic & System, et professeur à l’Ecole Supérieure d’Assurances (ESA), la productivité se calcule et s’évalue de façon un peu différente dans l’administration publique, car le but de cette institution n’est pas de produire de la valeur ajoutée (comme c’est le cas pour les entreprises), mais de « redistribuer ce qu’elle a prélevé, sous forme de prestations et de transferts en nature ou sous forme monétaire ».

Par conséquent, pour évaluer la productivité de la fonction publique, il faut prendre en compte un autre ratio que celui que l’on retient généralement pour évaluer la productivité du travail au sein d’une entreprise.

Dans cet article, paru sur le site internet des Echos le 3 janvier 2012, François Saint-Cast expose en détail la manière dont s’évalue la productivité des administrations publiques, et effectue un classement des différents pays de la zone euro en fonction de ce critère.

La France arrive en 11ème position de ce classement, loin derrière la moyenne de l’ensemble des pays de la zone euro. Cette constatation amène François Saint-Cast à conclure : « Ce mauvais résultat est aussi une formidable opportunité pour le futur Président, car il montre le potentiel de gain de productivité existant. »

La faible productivité de nos administrations publiques

2012, année présidentielle, est l’année des remises en question. La France est sous surveillance ! La bonne tenue des finances publiques est vitale et cela passe par l’audit des administrations publiques. Afin d’aider les candidats à comprendre la situation et peut-être à entrevoir les marges de manœuvre, quelques ratios significatifs sont exposés ici.

La productivité traditionnellement se calcule par la valeur ajoutée par emploi ou par heure travaillée. Pour l’administration publique, les choses sont un peu différentes, car la majeure partie de ses activités consiste à redistribuer ce qu’elle a prélevé, sous forme de prestations et de transferts en nature ou sous forme monétaire.

De plus pour juger de cette productivité, on ne peut se référer qu’au fonctionnement d’autres administrations publiques dont les périmètres et compétences peuvent être différents.

C’est pourquoi le ratio choisi ici est la somme des recettes et des dépenses gérée par les administrations publiques pour 100 € de coût salarial. Voilà le classement sur un échantillon de pays, plus l’administration publique dépense et collecte pour 100 € de coût salarial plus l’organisation est performante.

Productivité de la fonction publique en France

Encore une fois, on ne peut que déplorer la mauvaise performance de notre administration comparée à celle des autres pays. Notre onzième position est bien en deçà des performances des administrations allemandes et autrichiennes, mais aussi de l’ensemble des pays de la zone euro. Surtout si l’on considère le poids de l’administration par rapport au PIB.

Ce mauvais résultat est aussi une formidable opportunité pour le futur Président, car il montre le potentiel de gain de productivité existant.

François Saint-Cast

Article paru sur le site internet des Echos le 3 janvier 2012

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