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A la recherche d’une voie occidentale à l’ère de la mondialisation

Dans cette interview dense et profonde accordée au Nouvel Observateur le 7 décembre 2010, Pierre Manent met en exergue les difficultés et les paralysies auxquelles se trouvent confrontées la France, et, plus généralement, l’Europe face au processus de la mondialisation. Pourquoi tant de pays, surtout en Europe, se trouvent-ils dans une impasse, et sont-ils incapables de trouver et d’apporter des solutions pertinentes aux nouveaux défis politiques, économiques et culturels qui se posent aujourd’hui à l’humanité, entrée dans une phase inédite de son histoire ?

Selon Pierre Manent, cette impuissance des dirigeants et des instances politiques à apporter des remèdes efficaces aux difficultés qui nous assaillent provient essentiellement, non seulement du fait qu’ils ont parfois des difficultés à reconnaître que nous vivons une période de notre histoire sans précédent, mais aussi et surtout, lorsqu’ils le reconnaissent, du fait qu’instances et dirigeants sont incapables d’apporter des solutions véritablement innovantes aux problématiques radicalement nouvelles qui se posent à eux.

Comment donc se mettre à le recherche d’une voie occidentale à l’ère de la mondialisation et trouver les idées nouvelles dont l’application donnerait la possibilité à la fois aux populations, aux dirigeants et aux instances détentrices du pouvoir d’apporter les réponses justes aux problématiques inédites et difficiles auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés au niveau mondial ? Nous tenterons d’apporter une réponse à cette question, dans le prolongement de l’interview de Pierre Manent présentée ici, au sein d’une postface philosophique à cet article qui fera appel à la philosophie d’Henri Bergson.

Entrée dans la nouvelle ère de la mondialisation

L’introduction des entreprises non occidentales sur les marchés occidentaux a été un phénomène longtemps porteur, comme le rappelle Nicolas Baverez dans cet article paru dans le Monde le 21 décembre 2010, sinon de déflation, du moins de désinflation. Or, cette tendance générale concernant l’évolution de l’indice des prix a été longtemps un encouragement à la consommation des ménages, facteur essentiel par lequel la croissance s’est longtemps « auto-alimentée ». Mais dans la deuxième moitié des années 2000, avec l’éclatement des premières bulles spéculatives, et en 2008, avec l’éclatement de la crise à l’échelle mondiale, la mondialisation moderne a entamé un troisième chapitre de son histoire.

En 2010, alors que les pays occidentaux ont véritablement commencé à ressentir les conséquences, sur le court et le long terme, de cette crise mondiale, à la fois sur leur économie et sur leur population, une nouvelle ère a commencé, ère faisant apparaître le « revers de la médaille », le « côté obscur » de ce phénomène de mondialisation, qui a longtemps été porteur de beaucoup d’espoirs. C’est cette nouvelle ère de la mondialisation que Nicolas Baverez tente de définir dans cet article : cette nouvelle ère de la mondialisation se caractérise par l’entrée des pays occidentaux dans ce que l’auteur appelle la « stagflation ». Mais qu’est-ce que la « stagflation » ? C’est ce que l’auteur nous explique ici.