La vie de l'ESA

Les hackathons prisés par les assureurs

Les hackathons prisés par les assureurs

Les assureurs, comme c’est le cas aujourd’hui pour de nombreux autres acteurs du monde de l’économie, doivent en permanence veiller à ce que leur offre soit en adéquation avec l’environnement technologique, qui, comme chacun sait, évolue à l’heure actuelle extrêmement rapidement.

Cette opération de veille consiste d’une part à suivre et à tester les nouveautés technologiques qui apparaissent incessamment sur le marché, et, d’autre part, à imaginer et déployer de nouveaux services pour les assurés qui utiliseront ces nouveaux outils, pour la plupart beaucoup liés à la communication.

Dans ce contexte, les acteurs du monde de l’assurance sont confrontés à un double défi : tenter tout d’abord de ne retenir que les objets connectés dont on peut supposer qu’ils retiendront l’intérêt du grand public (ou tout au moins de leur(s) cibles(s)), pour ensuite imaginer des solutions qui pourront améliorer ou bien la qualité de gestion, ou bien la relation client.

La question qui se pose alors est la suivante : comment, lorsqu’arrive la phase de réalisation de l’idée, rassembler suffisamment de talents pour pouvoir déployer un projet en un temps qui doit par définition être bref (du fait de la rapidité des évolutions technologiques), et, si possible, à un moindre coût ?

L’une des réponses à cette question réside dans l’organisation de ce que l’on a appelé des « hackathons », et dont le concept provient des Etats-Unis. Un hackathon pourrait se définir, pour reprendre les termes de Sharon Wajsbrot (auteur de l’article présenté ci-dessous), comme un « marathon pour geeks ». Plus précisément, les hackathons, « destinés aux développeurs, designers et autres férus de technologie », « désignent des événements collaboratifs de programmation informatique. Après avoir constitué des équipes, les participants sont mis au défi de développer des nouvelles applications sur un thème particulier en un temps record, généralement en l’espace d’un week-end ».

Le phénomène a pris une telle ampleur en France, y compris dans les secteurs de l’assurance, de la banque et de la bancassurance, qu’il fut mentionnée dans le Baromètre Prospectif publié par l’Observatoire de l’Evolution des Métiers de l’Assurance (OEMA) en juin 2014.

Comment se déroule un hackathon ? C’est ce que nous fait découvrir l’article présenté ci-dessous, écrit par Sharon Wajsbrot, et publié dans les Echos du 8 octobre 2014…

Les « hackathons », viviers d’innovations financières

Les banques et les assureurs mettent au défi des geeks pour développer de nouvelles applications et stimuler l’innovation.

Dormir ou coder ? Les 200 développeurs qui ont participé au marathon du développement informatique organisé par la Société Générale du 3 au 5 octobre ont privilégié la deuxième option. « On s’est relayés pour faire quelques siestes chacun », témoigne Matthieu, étudiant à l’Ecole 42. Affairé derrière les rangées d’écrans Apple de l’école financée par Xavier Niel, Google Glass vissées sur la tête et une montre Pebble connectée au poignet, il n’avait qu’une obsession : faire fonctionner son application à la fin du week-end. Le café et les canettes de Red Bull à volonté étaient là pour l’aider…

A l’instar de leurs concurrents américains, les banquiers et assureurs français sont de plus en plus nombreux à s’en remettre à ces geeks avertis pour trouver le chemin de leur transformation digitale. Après avoir tenté l’expérience du « hackathon » en janvier dernier, le Crédit Agricole s’apprête aussi à renouveler l’expérience à la fin de l’année. L’objectif : rassembler développeurs, designers, étudiants en informatique ou des salariés de start-up pour les mettre au défi d’imaginer de nouvelles applications en un temps record. « Nous avons ainsi accès à un public très large qui n’est pas naturellement en contact avec l’univers bancaire », explique la banque mutualiste.

Repérer les talents

Au-delà des retombées médiatiques de ces opérations, banquiers et assureurs complètent ainsi leurs gammes d’applications et repèrent de nouveaux talents. A la suite de son hackathon, le Crédit Agricole a ainsi lancé l’application Nomoney, qui permet à ses clients de se rembourser mutuellement. De son côté, la Société Générale a décidé d’incuber un projet visant à fluidifier l’expérience client en agence. Dans l’univers imaginé par l’équipe Wearable Intelligent Banking, qui va intégrer la banque pour quelques mois, le client est reconnu par la technologie Beacon en entrant dans l’agence et alerté du temps d’attente avant son rendez-vous via une notification sur son smartphone. Tandis que le conseiller prend connaissance de son arrivée directement sur ses Google Glass.

Leur succès tient sans doute au fait que ces opérations constituent également une aubaine pour les spécialistes du code, peu férus de banque. Ils en profitent ainsi pour se mettre à jour sur des technologies en construction à moindres frais. « C’est l’occasion d’avoir accès à des objets connectés onéreux comme les Google Glass pour apprendre à développer dans ces nouveaux univers. C’est la technologie qui m’a attiré », explique Thomas, un participant trentenaire du hackathon Société Générale.

Sharon Wajsbrot

Journaliste aux Echos

Un marathon pour geeks

Destinés aux développeurs, designers et autres férus de technologie, les « hackathons » désignent des événements collaboratifs de programmation informatique. Après avoir constitué des équipes, les participants sont mis au défi de développer des nouvelles applications sur un thème particulier en un temps record, généralement en l’espace d’un week-end.

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