La vie de l'ESA

Prévisions de l’OCDE pour 2011

A la mi-novembre 2010, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ses prévisions économiques pour l’année 2011.

L’OCDE est une organisation internationale d’études économiques qui fut fondée après la Seconde Guerre Mondiale, en 1948, pour mettre en place le plan Marshall. Après la réalisation de celui-ci, en 1952, l’OCDE devient un organisme de consultation spécialisé dans la réalisation d’études économiques, rôle qu’elle a conservé jusqu’à nos jours. L’OCDE, dont le siège est à Paris, rassemble des experts issus de pays membres qui ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché.

Ce qui ressort de ces prévisions de l’OCDE pour l’année 2011, c’est que les pays riches vont connaître une décélération de la croissance et du commerce, notamment les pays appartenant à la zone euro (l’Allemagne faisant exception, son taux de croissance prévisionnel s’avérant plus élevé que celui de ses voisins européens).

Dans cet article, publié dans Les Echos le 18 novembre 2010, Richard Hiault livre une synthèse des différentes conclusions auxquelles est parvenue l’OCDE dans ce prévisionnel pour 2011, tout en énumérant les principales raisons qui ont amené cet organisme à établir ces prévisions (recul de la croissance au sein des pays riches, reprise de l’activité économique au sein des pays de la zone euro) et à manifester des signes de préoccupation par rapport à certains dangers qui menacent l’économie des pays riches.

A l’heure où nous publions cet article (mars 2011) et au vu des derniers grands événements qui se sont déroulés au cours de ce premier trimestre de 2011 (révolutions dans les pays du monde arabe, tremblement de terre et péril nucléaire au Japon, engagement d’une coalition occidentale dans une guerre contre le régime lybien…), il serait légitime de se poser la question suivante :

« Les événements politiques et climatiques qui ont affecté le monde ces derniers mois peuvent-ils remettre en cause les prévisions économiques de l’OCDE pour 2011, prévisions publiées en novembre 2010 et rapportées dans cet article des Echos ? ».

Tenter de répondre à cette question ne serait pas un exercice vain, surtout pour de futurs assureurs dont l’un des talents principaux doit être de pouvoir mesurer l’impact d’événements imprévisibles et à fortes retombées (sociales, politiques et économiques) sur l’évolution « naturelle » du contexte dans lequel ils se trouvent et surtout où ils opèrent.

En effet, l’une des caractéristiques d’un bon assureur est d’être capable d’anticiper les situations et de réviser ses prévisions suite à la réalisation de risques, par définition « imprévisibles » (les risques étant ses « compagnons de travail », à la fois parce qu’il doit composer professionnellement avec eux au quotidien pour les anticiper, et que sans eux, il n’aurait aucune raison d’exister).

Mais, plus que tout, un bon assureur doit surtout être capable, à la manière d’un bon économiste, de rendre raison de ses conclusions, en les justifiant par des arguments fondés sur ses connaissances scientifiques, tout en exposant sa méthode de travail et de raisonnement…

Les prévisions de l’OCDE pour 2011

La croissance de l’économie mondiale devrait refluer à 4,2 % en 2011 selon les prévisions de l’OCDE publiées hier. La zone euro se distingue par une faible croissance en 2010 et 2011, sauf pour l’Allemagne dont les prévisions ont été relevées.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a emboîté le pas au Fonds monétaire international (FMI), hier à Paris, en s’attendant à une légère décélération de la croissance et du commerce, en particulier dans les pays riches. Et surtout pour la zone euro.

Ses nouvelles prévisions, publiées hier, chiffrent à 4,2 % l’an prochain la hausse du PIB mondial, après 4,6 % cette année. Pour les seuls pays membres de I’OCDE, elle passerait de 2,8 % en 2010 à 2,3 % en 2011 (voir illustration). Les pays de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne, ne connaîtront qu’une faible croissance puisque la hausse du PIB est projetée à 1,7 % cette année et l’an prochain. Pour l’OCDE, « la zone euro connaît une reprise progressive, alimentée par des exportations vigoureuses et une hausse de la consommation et de l’investissement. La confiance des agents économiques s’est redressée et les conditions financières se sont améliorées ». Néanmoins, poursuit-elle, « le rythme de la reprise sera probablement modéré compte tenu de l’assainissement en cours des bilans du secteur privé, de l’assainissement budgétaire qui s’impose, et d’un ajustement prolongé à d’amples déséquilibres dans certains pays périphériques de la zone euro ». Les efforts de consolidation sont d’ailleurs considérables puisque selon les calculs de l’OCDE, la simple stabilisation des ratios dettes/PIB en 2025 par rapport à leur niveau actuel requiert une amélioration du solde primaire de plus de 8 % du PIB aux Etats-Unis et de près de 5 à 6 % pour le Royaume Uni, le Portugal ou l’Irlande.

Pour ce dernier pays, le chef économiste de l’OCDE, Pier Carlo Padoan, presse ses partenaires européens à l’aider pour faire face à la crise de sa dette. « Nous devons reconnaître que l’Irlande doit être dirigée vers la bonne direction et qu’il y a un peu de temps pour le faire. Mais pas un temps infini », a-t-il indiqué. Soulignant l’effet bénéfique à moyen terme d’une réduction des déficits et de l’endettement public, l’OCDE recommande aussi la poursuite d’une politique monétaire accommodante pour soutenir la croissance.

A cet égard, la politique d’assouplissement quantitatif est le seul moyen de stimulation à disposition dans la plupart des pays riches, a observé Pier Carlo Padoan. A court terme, le plan d’achat de 600 milliards de titres du Trésor par la Réserve fédérale est approprié en l’absence de risque inflationniste majeur aux Etats-Unis, a-t-il estimé. Avant d’ajouter que le Japon devrait étudier de son côté d’autres mesures de stimulation de la croissance. Mais que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, Fed et BCE ne devraient pas relever leurs taux avant la mi-2012.

Le principal défi actuel de l’économie mondiale aujourd’hui est d’opérer la transition d’une reprise soutenue par les plans de relance des pouvoirs publics vers une croissance autoalimentée. Une chose est sûre : I’OCDE appelle à une étroite coordination internationale, « et en particulier au sein du G20 ».

« Une action coordonnée de politiques macroéconomiques, de taux de change et de mesures structurelles offrirait de meilleurs résultats en termes de croissance plus forte, d’un assainissement budgétaire plus vigoureux et de plus faibles déséquilibres extérieurs ». Mais, une aggravation de la crise de la dette souveraine européenne, une nouvelle dégradation des marchés immobiliers aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, de nouvelles tensions sur les marchés des changes ou un envol des taux d’intérêt obligataires pourraient faire dérailler la croissance des pays riches.

Richard Hiault

Article paru dans « Les Echos » du 18 novembre 2010

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